Réforme des institutions: c’est le moment d’y aller!
Voici, in extenso, un interview de l’Alsace du 22 mars, où j’expose ma position sur la réforme des institutions.
“L’ancien ministre François Loos, député radical, s’est peu exprimé sur la question institutionnelle. Pour ce défenseur de la fusion, le chemin passe par le Haut-Rhin.
Que vous inspire le rapport Balladur ?
Il offre une opportunité à tous ceux qui se sont battus pour la fusion des Départements et de la Région. Ils ont l’occasion de réaliser leur rêve… s’ils le veulent. Lorsque Goetschy, Hoeffel, Richert et d’autres l’avaient proposée, le moment n’était pas favorable. Maintenant, on peut y aller. Le mode de scrutin sera défini au plan national. La vraie, la seule question importante pour l’Alsace, c’est la fusion des trois collectivités.
Sauf qu’il y a des réticences dans le Haut-Rhin…
Toutes les réticences sont légitimes. Chacun a le droit d’avoir des états d’âme, mais l’intérêt général commande de faire des politiques communes et de mettre fin à l’enchevêtrement des compétences. Pour cela, je préconise que le Haut-Rhin et le Bas-Rhin reformulent leur projet de conseil d’Alsace de façon à ce qu’ils soient solidaires.
Straumann, chargé de mission ?
Pour les aider, j’ai proposé, lors du dîner des parlementaires chez Philippe Richert (NDLR : nos éditions du 15 mars), qu’on nomme un chargé de mission pour définir les conditions concrètes à mettre en œuvre pour que le Haut-Rhin adhère à cette fusion. Le benjamin des parlementaires, Éric Straumann, me paraît tout indiqué pour trouver les amendements au plan local. Cela est ma méthode.
Qui doit le nommer ?
L’idéal serait que les deux conseils généraux et le conseil régional se mettent d’accord. Que les élus se posent la question : « Imaginons que nous ayons plus d’autonomie. Que ferions-nous ? » Il faut que l’Alsace cesse de se considérer comme incomprise. Elle n’est pas incomprise. Lors du conseil des ministres à Strasbourg, en 2007, Nicolas Sarkozy avait demandé aux élus de faire des propositions sur une évolution institutionnelle… Il nous appartient de décider ce que nous voulons. Le contexte créé par le rapport Balladur peut nous y aider. Mais si nous ne le faisons pas, personne ne le fera à notre place. Je souhaite qu’on puisse avoir un consensus large sur cette question.
Un thème pour la campagne régionale…
Ce débat risque d’être noyé dans les autres problèmes. Il faut que les Alsaciens comprennent que toute l’Alsace bénéficiera des gains de la réforme institutionnelle. Pour cela, il faut exiger le maintien de la compétence générale. Les gains sont dans un rapprochement des lieux d’arbitrage sur les questions d’aménagement du territoire, de l’économie, de l’emploi et de la formation.
Jouer « groupiert »
Ce qui permet une plus grande rapidité de décision et de mise en œuvre de ces politiques. La priorité doit être à l’emploi des jeunes, à l’accélération de la croissance verte, à tout ce qui nous permet de tenir notre rang dans la compétition internationale. Faisons-nous les politiques à la hauteur des enjeux d’aujourd’hui ? Pour cela, il faut jouer « groupiert ».
Peut-on escompter une baisse des impôts locaux ?
Avec des rationalisations, il y aura forcément des économies. En l’absence d’études, il est difficile de les évaluer. Actuellement la Région s’occupe de la formation, le Département des Rmistes. Si on met en commun ces services, on y gagnera en efficacité.
L’arrêt des conflits
Mais il y aura aussi un bénéfice dans l’arrêt des conflits ! À chaque décision portant sur une infrastructure — on le voit avec les deux TGV — on passe des mois à discuter de la répartition du financement entre la Région et les Départements. Enfin, une fusion rendra la Région plus forte vis-à-vis de Paris.
À lire le rapport Balladur, il suffirait, pour l’Alsace, d’une loi…
Mais il faut marquer un intérêt local. Il appartient aux conseillers généraux de s’exprimer sur cette question. Comme elle aboutit à leur propre disparition, on comprend qu’ils n’en aient pas envie. Vu de la Région (NDLR : F. Loos est aussi élu régional), c’est plus simple…
Le rapport oublie la coopération transfrontalière…
Mettons en commun ce qui peut l’être, mais n’essayons pas de tout mettre en commun. Arrêtons aussi les bavardages et cette « Oberrheinische Höfflichkeit » (politesse du Rhin supérieur). Mettons en commun nos efforts en matière de recherche pour faire une Rhin Valley comme la Silicon Valley…
Toujours candidat « potentiel » aux régionales ?
L’Alsace a besoin de toutes les bonnes volontés à son service.
Propos recueillis par Yolande Baldeweck “
Comments
No Comments
Leave a reply